Histoire de Coulanges sur Yonne


La petite ville de Coulanges sur Yonne est agréablement située sur la rive gauche de l’Yonne, un peu en dessous de l’endroit où cette rivière quitte le département de la Nièvre pour entrer dans celui auquel elle donna son nom. Du chemin de la Croix de Saint-Marc, l’on découvre l’un des plus gracieux panoramas de la vallée de l’Yonne. A ses pieds, le spectateur a Coulanges, dominé par son clocher et le beffroi de l’Hôtel de Ville : en face, l’orphelinat Saint Henri et sa campanile, les hautes collines qui dominent Clamecy, les restes de la chartreuse de Basseville, les roches pittoresques qui se détachent comme des aiguilles sur le fond de Verdure des bois… Et entre ces clochers et ces roches, ces villages et ces collines, l’Yonne coule lentement en de nombreuses et brusques sinuosités. Plusieurs fois elle revient sur elle-même, comme si elle voulait s’attarder dans cet agréable coin de terre. En relisant cet extrait « d’Histoire de Coulanges », par l’Abbé BONNEAU (1907), on se plait à imaginer tous ces anonymes, vignerons, ouvriers, paysans, flotteurs, artisans, commerçants, « notables » qui ont façonné et animé notre village au cours des siècles. Le nom de Coulanges est d’origine romaine, une ou plusieurs métairies habitées par des hommes qualifiés, « les colons », avaient été fondées là, au temps de la conquête de la Gaule. Coloniae super Icaunam, Colanges, Collanges, Coulanges…
L’existence historique de Coulanges date du VIIème siècles, quand Didier l’Evêque d’Auxerre fit don de ce domaine à son église. Vers 1190, lorsque Philippe-Auguste partit pour les croisades, la terre de Coulanges fût vendue à Pierre de Courtenay, Comte de Nevers et d’Auxerre. Les comtes firent vraisemblablement édifier le pont et le château de Coulanges dont il ne subsiste qu’une tout, quelques remparts et une partie du chemin de ronde, non loin de la rivière… A la mort de Pierre II de Courtenay, vers 1219, sa fille Mathilde, la comtesse de Mahaut, hérita du Comté qu’elle gouverna seule, après deux veuvages en 1241. Mahaut a laissé le souvenir vivace de sa grande bonté, elle affranchit les serfs et donna aux Coulangeois l’usage de la forêt de Frétoy, usage qui perdure aujourd’hui avec les affouages. Mahaut se plaisait en son château de Coulanges, elle avait coutume de dire, d’après nos anciens : « Coule… Ange… sur l’Yonne ». Elle mourut le 19 juillet 1257, laissant le Comté et la Châtellenie de Coulanges à son arrière-petite-fille Mahaut. Des par sa position stratégique, la rivière et le pont, Coulanges et sa région subirent de nombreux pillages au cours des siècles. Le Roi d’Angleterre, Edouard III séjourna dans le château en 1360, après s’en être emparé, vinrent ensuite les guerres de religions et d’autres ravages…

Le Comté fut rattaché à la couronne royale en 1477 à la mort de Charles le Téméraire. Le flottage de bois apparut au XVIème siècle. Flotteurs, voituriers par eau, compagnons de rivière vivaient dans un milieu très rude et propice à l’éclosion de revendications sociales. On se souvient encore du caractère bien trempé et du courage des flotteurs. En 1792, lors d’une émeute, 62 cavaliers, 310 gardes nationaux, 2600 cartouches et 3 canons furent envoyés à Coulanges pour venir à bout des flotteurs. Les députés de l’Yonne durent s’expliquer à l’Assemblée Nationale le 13 avril 1792. En 1841, craignant sans doute une nouvelle flambée de violence due à une période de chômage (le grand flot), la municipalité fit creuser l’actuel boulevard du Calvaire par les flotteurs. Le village connut son apogée vers 1851, la commune comptait 1225 habitants, de nombreux commerces fleurissaient, les flotteurs s’activaient au port, dans les champs et dans les vignes, fabriquaient des « Margottins ». On s’extasiait lors de la mise à l’eau des bateaux construits au chantier, de l’autre côté du Pont Saint Nicolas… Les Coulangeois étaient également très fiers des travaux réalisés grâce à leur opiniâtreté : Hôtel de Ville, presbytère, écoles, nouveau cimetière, tour de l’église ! En effet après plusieurs siècles de réclamations, ils étaient enfin rentrés en jouissance et possession des bois donnés par la Comtesse Mahaut. La somme perçue en dédommagement avait permis ces réalisations. L’arrivé du charbon et de confort plus moderne dans la capitale virent le déclin du flottage… L’avènement du chemin de fer (Laroche-Migennes-Clamecy 4 juillet 1870) ouvrit le village à d’autres perspectives, on « montait » travailler à Paris ! La Grande Guerre et les bombardements des 25 juin, 17 juillet et 10 août 1944 endeuillèrent cruellement notre village et détruisirent l’âme des vieux quartiers. Un nouveau pont traversa la rivière et l’extension de Coulange se fit « derrière les murs et les poternes » comme l’on disait si joliment autrefois…
D’Après l’Abbé Bonneau Sylvie Bonnety -Faucher


Retrouvez aussi toutes l'actualité de l'hôtel et nos évènements sur notre page Facebook