Le Flottage

Du flottage du bois aux joutes

Nous sommes au Moyen Age. Paris a un souci constant d’approvisionnement en bois. Sa population augmente et la rend tributaire des marchands de blé et de bois. Il faut du bois pour construire, se chauffer, se nourrir, faire fonctionner les industries, les forges, les verreries. Les forêts les plus proches s’épuisent tandis que la population continue à progresser fortement. Il devient impératif de chercher du bois de plus en plus loin. La Seine et l’Yonne deviennent le lien évident entre les riches forêts du Morvan et Paris. Il faut exploiter le bois et surtout le transporter, ainsi naquit une nouvelle activité : le flottage qui durera jusqu’au XXème siècle.
Après avoir été coupé, le bois était débité en bûches pendant les mois d’hiver et transporté jusqu’au cours d’eau par les bœufs. Chaque bûche était marquée par un signe distinctif pour permettre d’identifier les propriétaires. L’automne suivant, les bûches étaient suffisamment sèches pour flotter, elles étaient jetées à l’eau. Les premiers départs constituaient « le petit flot », les bûches parcouraient ainsi 35Km environ avant d’être retirées en attendant « le grand flot », au début du mois de mars. Les bûches arrivaient flottantes sur la rivière, entraînées par le courant, elles étaient triquées », empilées sur les quais des ports de Clamecy, Pousseaux, Coulanges, Crain, Lucy, Châtel… puis « martelées » et chargées sur des bateaux plats « les margotats » ou formées en trains de bois et acheminées vers la capitale. Le voyage était dur, périlleux, aventureux et terrible !... Le flottage connaîtra son apogée sous l’Empire, 90% du bois de chauffage de Paris transite par Clamecy. La fin du XIXème siècle marquera la fin du flottage avec l’exploitation du charbon et le développement des chemins de fer.
Les joutes nautiques, quant à elles, apparurent au début du XVIème siècle. Elles étaient inspirées des tournois équestres de l’époque et organisées par la corporation des bateliers. On distinguait alors les joutes populaires et les joutes d’apparat réservées aux évènements particuliers des Rois et des Seigneurs ainsi, pour fêter la naissance du Dauphin en 1729, des joutes eurent lieu à Paris, sur la Seine. Les flotteurs morvandiaux ont vraisemblablement ramené ces jeux virils dans notre contrée ; Dès le XVIIIème siècle, les joutes devinrent le divertissement favori des turbulents flotteurs de Clamecy, surtout en période de chômage ou de grève ! « Le Roi Sec » commandait les autres flotteurs et fixait le prix du bois pour l’année.
Et depuis, la tradition des joutes perdure rendant ainsi hommage aux flotteurs de bois, « cette noblesse aux rudes mains » si bien évoquée par Romain Rolland…
S.B.F.


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